Chatbots & assistants conversationnels12 min de lecture
Chatbot IA pour l'entreprise : comment choisir (site, WhatsApp, service client)
Un chatbot IA d'entreprise se choisit selon son type (règles, base de connaissances, agent), son canal (site, WhatsApp, interne) et l'unité sur laquelle l'éditeur facture. Les offres gratuites documentées servent à tester, pas à absorber un volume réel. Depuis le 2 août 2026, l'utilisateur doit pouvoir savoir qu'il parle à une IA.

Photo : MART PRODUCTION · Pexels
Intérêt déclaré : Call-bot.ai est édité par Nehos Groupe, qui édite aussi Alyas.ai, cité dans cet article. Qui nous sommes.
Le mot « chatbot » recouvre aujourd'hui trois objets très différents, et les éditeurs ne comptent pas la même chose quand ils fixent leur prix : une conversation, un message, un « outcome » (résultat obtenu par l'agent). Choisir un chatbot IA pour une entreprise revient donc moins à comparer des marques qu'à répondre à quatre questions : quel type de robot, sur quel canal, avec quelle limite en version gratuite, et sous quelles obligations. Cet article ne teste ni ne classe de produits ; il compare la documentation publique de quelques éditeurs, relevée le 21 octobre 2026.
Trois types de chatbots, pas un
| Type | Ce qu'il fait | Limite principale |
|---|---|---|
| À règles | Suit des parcours prévus : boutons, mots-clés, arbre de décision | Ne sort pas de son scénario |
| À base de connaissances | Un modèle de langage répond à partir de vos documents (chatbot RAG) | Sa qualité dépend de la documentation ; l'erreur reste possible |
| Agentique | Répond et agit : réserve, met à jour un dossier, déclenche un workflow (agent IA) | Exige des droits d'accès et un contrôle des actions |
Cette distinction a une conséquence juridique. Les lignes directrices de la Commission européenne sur l'article 50 de l'AI Act (non contraignantes ; contenu approuvé le 20 juillet 2026, adoption formelle annoncée pour le moment où toutes les versions linguistiques seront disponibles) excluent de la notion de système d'IA les simples mécanismes de réponse automatique non fondés sur l'IA, comme les réponses rapides à règles : un robot purement à règles ne relève donc vraisemblablement pas de cet article, à vérifier au cas par cas, alors que les deux autres types, qui reposent sur un modèle d'IA, y entrent. Les mêmes lignes directrices précisent qu'un agent IA doit révéler sa nature artificielle et la personne pour laquelle il agit.
Site, WhatsApp, messageries, usage interne : le canal change les règles
Chatbot pour un site internet. Le widget de chat est le point d'entrée le plus visible. La CNIL rappelle une règle sur les cookies : si le chatbot en dépose un dès l'affichage de la page, le consentement préalable de l'internaute est requis ; s'il n'est déposé qu'au clic de l'utilisateur sur le chat et ne sert qu'à ce service, il est considéré comme strictement nécessaire.
Chatbot WhatsApp. La voie officielle est la plateforme WhatsApp Business de Meta, directement ou par un prestataire. Sa page de tarification, mise à jour le 30 septembre 2026, décrit le modèle suivant :
- facturation par message délivré, uniquement dans le sens entreprise vers utilisateur, depuis le 1er juillet 2025 ; les messages envoyés par l'utilisateur sont gratuits ;
- tarif selon la catégorie du message (marketing, utilitaire, authentification, service, et « Meta Business Agent » depuis le 1er juillet 2026) et selon le pays du destinataire ;
- les réponses libres dans la fenêtre de 24 heures ouverte par un message du client sont des messages de service, que l'IA soit celle d'un tiers ou des conseillers humains : 1 000 messages de service gratuits par mois et par numéro depuis le 1er octobre 2026, facturés au-delà ;
- l'agent IA de Meta est facturé aux jetons : 2,00 $ le million, soit, selon Meta, environ 4 à 5 cents par message.
Nous ne reproduisons pas la grille par pays, qui change : le barème fait foi. La politique de messagerie (mise à jour le 23 septembre 2026) exige l'accord préalable du destinataire (opt-in) et, quand on automatise les réponses, des voies d'escalade claires, par exemple un transfert vers un humain dans la discussion, un numéro de téléphone, une adresse e-mail ou un formulaire d'assistance. Les conditions générales de la plateforme interdisent aux fournisseurs d'IA d'y proposer leur technologie comme fonctionnalité principale (selon l'appréciation de Meta), sauf dans les pays où Meta indique être légalement tenu de l'autoriser, dont la France et le reste de l'Union européenne d'après sa page consacrée aux fournisseurs d'IA (mise à jour le 15 octobre 2026). Elles autorisent une entreprise à recourir à un fournisseur d'IA comme prestataire, sans laisser utiliser les données de la plateforme pour créer ou entraîner des modèles d'IA, hormis l'affinage d'un modèle réservé à son propre usage.
Autres messageries. Messenger et les autres messageries ont leurs propres règles, que nous n'avons pas relevées ici. Certains éditeurs vendent un agent unique pour plusieurs canaux : Alyas.ai annonce un seul agent pour le téléphone, le chat du site, WhatsApp et Messenger. Pour choisir entre texte et voix, voir chatbot ou callbot.
Usage interne. Un assistant pour les salariés (RH, informatique, achats) peut s'appuyer sur la même technologie qu'un chatbot client. Les lignes directrices de la Commission citent l'assistant interne destiné à du personnel formé comme un cas où la nature IA est évidente, donc dispensé d'information ; l'article 4, réécrit par le règlement (UE) 2026/1744 publié le 24 juillet 2026, impose toujours aux fournisseurs et aux déployeurs de prendre des mesures pour favoriser la maîtrise de l'IA de leur personnel, sans les contraindre à garantir un niveau précis, voir AI Act : calendrier et obligations.
Critères de choix
- Le périmètre : les questions qui font l'essentiel du volume, pas « tout le service client ».
- Les sources de connaissance : comment le robot est alimenté, mis à jour, et s'il cite ses sources.
- Le transfert vers un humain, indispensable pour un chatbot de service client ; sur WhatsApp, la politique de Meta exige des voies d'escalade (transfert dans la discussion, téléphone, e-mail, formulaire d'assistance…).
- Les données : hébergement, sous-traitants, durée de conservation, cookies. Le cadre est détaillé dans RGPD et callbot.
- L'unité de facturation, qui fixe le coût réel (tableau ci-dessous).
- Les intégrations : CRM, agenda, outil de tickets ; et la possibilité de repartir avec ses données.
Les éditeurs comptent chacun à leur façon, d'après leurs pages publiques du 21 octobre 2026 :
| Éditeur | Unité facturée |
|---|---|
| Meta (WhatsApp) | Message délivré, par catégorie et pays ; jetons pour l'agent de Meta |
| Botpress | Conversation : au moins deux messages de l'utilisateur dans le mois ; une conversation à cheval sur deux mois compte deux fois ; sur les offres payantes, la consommation d'IA au-delà du montant inclus est facturée en plus (recharges automatiques de 10 $) |
| Tidio | « Billable conversation » : chat, ticket, e-mail ou réseau social comportant un message d'un agent humain ; l'agent IA Lyro a son propre quota |
| Fin (Intercom) | « Outcome », un au plus par conversation : 0,99 $ pour une résolution, une procédure configurée pour finir par un transfert et menée à bien, une disqualification ou une orientation en libre-service, 9,99 $ pour une qualification de prospect ; minimum 50 par mois avec un autre outil de support qu'Intercom (avec celui d'Intercom, des sièges payants s'ajoutent, à un prix qui dépend de l'offre choisie) |
| Crisp | Forfait par espace de travail, avec des crédits IA inclus selon l'offre |
Chatbot gratuit : ce que les offres documentent
Pages lues le 21 octobre 2026 ; les offres changent.
| Offre gratuite | Ce que la page indique | Limites visibles sur la page |
|---|---|---|
| Tidio | 50 conversations facturables ; 50 conversations de l'agent IA Lyro, une seule fois ; 100 visiteurs touchés par les « Flows » | Retrait de la marque Tidio non inclus (option payante sur le plan Growth) |
| Botpress | 0 $ ; 100 conversations ; 3 agents IA ; 3 sièges | Ni recharge ni dépassement ; stockage plafonné ; webchat en marque blanche absent ; voix réservée à l'offre Enterprise |
| Crisp | « Free forever » ; widget de chat ; 2 sièges | « No AI credits included » ; la fonction « AI Agent » et des crédits d'IA sont inclus dès l'offre Mini (45 € HT par mois et par espace de travail), le chatbot IA omnicanal figure à partir de l'offre Essentials (95 € HT par mois et par espace de travail), tarifs affichés en France |
Sur ces trois pages, le gratuit plafonne le volume ou l'IA : 50 conversations facturables chez Tidio, 100 conversations chez Botpress, aucun crédit d'IA chez Crisp. Ce sont des offres pour tester. Il faut aussi distinguer l'offre gratuite durable de l'essai : Alyas.ai propose 1 agent chat gratuit pendant 10 jours, sans carte bancaire, ce qui est un essai.
Déployer par étapes
- Cadrer un périmètre étroit et mesurable.
- Alimenter le robot avec une documentation à jour.
- Tester avec de vraies questions, y compris hors périmètre, avant l'ouverture.
- Ouvrir à un public restreint avec transfert vers un humain.
- Mesurer puis élargir. La démarche est détaillée dans déployer un premier agent IA.
Côté indicateurs, suivez le taux de demandes résolues sans humain, le taux de transfert, la satisfaction, et surtout le coût par demande réellement résolue, le chiffre le plus comparable entre des éditeurs qui facturent des unités différentes.
Le cadre légal en bref
- Informer l'utilisateur. Depuis le 2 août 2026, l'article 50 de l'AI Act impose aux fournisseurs de concevoir les systèmes d'IA interactifs de façon que la personne sache qu'elle parle à une IA. Selon les lignes directrices, un chatbot de centre d'aide ne bénéficie pas de l'exception d'évidence, et un libellé vague comme « assistant » ne suffit pas.
- Protéger les données. La CNIL demande de limiter la conservation à la finalité, d'inviter les utilisateurs à ne pas saisir de données sensibles et de purger celles qui le seraient, et rappelle qu'une conversation sans intervention humaine ne peut conduire seule à une décision importante pour la personne.
- WhatsApp. Accord préalable et voies d'escalade, selon la politique de Meta (une règle de plateforme, pas une loi).
Ce guide ne constitue pas un avis juridique.
Questions fréquentes
Existe-t-il un chatbot IA vraiment gratuit pour une entreprise ?
Des offres gratuites existent, mais plafonnées : sur les pages relevées le 21 octobre 2026, 50 conversations facturables pour Tidio, 100 conversations pour Botpress, aucun crédit d'IA pour l'offre gratuite de Crisp. Elles servent à tester, pas à absorber un volume réel.
Combien coûte un chatbot WhatsApp ?
Côté Meta, cela dépend du nombre de messages délivrés par l'entreprise, de leur catégorie et du pays des destinataires ; s'y ajoute, le cas échéant, l'abonnement à l'outil de chatbot ou au prestataire. Depuis le 1er octobre 2026, 1 000 messages de service par mois et par numéro sont gratuits, puis facturés ; la grille de Meta fait foi.
Faut-il dire qu'on parle à une IA ?
Oui, dans la plupart des cas : l'article 50 de l'AI Act, applicable depuis le 2 août 2026, impose de concevoir les systèmes d'IA interactifs pour que la personne en soit informée, sauf évidence, exception interprétée restrictivement par la Commission.
Chatbot à règles ou chatbot IA : lequel choisir ?
Un robot à règles suffit pour quelques parcours fermés (horaires, suivi de commande) ; dès que les questions sont variées, un chatbot à base de connaissances est plus adapté, avec un transfert vers un humain.
Un chatbot sur le site ou sur WhatsApp ?
Le bon point de départ est le canal où arrivent déjà vos questions : un widget si votre trafic est sur le site, WhatsApp si vos clients vous écrivent déjà par ce canal. L'autre peut s'ajouter ensuite, avec le même contenu.
En résumé
Un chatbot d'entreprise se choisit selon son type (règles, connaissances, agent), son canal (site, WhatsApp, interne) et l'unité sur laquelle l'éditeur facture. Les offres gratuites documentées servent à tester : quotas, IA limitée, marque de l'éditeur. Depuis le 2 août 2026, l'information de l'utilisateur sur la nature IA du robot s'impose ; sur WhatsApp, la plateforme exige l'accord préalable et des voies d'escalade. Parlons-en si vous cadrez un projet.
Sources
- Pricing on the WhatsApp Business Platform (Meta, mise à jour le 30 septembre 2026) — consulté le 21/10/2026
- Politique de la messagerie WhatsApp Business (Meta, mise à jour le 23 septembre 2026) — consulté le 21/10/2026
- Conditions générales de Meta pour la plateforme WhatsApp Business (mise à jour le 23 septembre 2026) — consulté le 21/10/2026
- Tidio Pricing — consulté le 21/10/2026
- Botpress Pricing — consulté le 21/10/2026
- Pricing and plans (Crisp) — consulté le 21/10/2026
- Fin AI Agent Pricing (Intercom) — consulté le 21/10/2026
- Agent vocal IA et réceptionniste virtuelle (Alyas) — consulté le 21/10/2026
- Chatbots : les conseils de la CNIL pour respecter les droits des personnes — consulté le 21/10/2026
- Guidelines on transparency obligations for providers and deployers of AI systems, C(2026) 5054 (Commission européenne) — consulté le 21/10/2026
- Transparency obligations under Article 50 of the AI Act (Commission européenne, questions-réponses) — consulté le 21/10/2026
- Règlement (UE) 2024/1689 (AI Act), EUR-Lex — consulté le 21/10/2026
- Règlement (UE) 2026/1744 (train de mesures omnibus numérique sur l'IA), EUR-Lex — consulté le 21/10/2026
- New pricing policy for AI Providers leveraging the WhatsApp Business Platform (Meta, mise à jour le 15 octobre 2026) — consulté le 21/10/2026